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10 avril 2026 Bivouac - Grotte de Sabart

La légende des Huit du Porche Noir

 

 

Approche‑toi du feu, tends les mains vers les braises, écoute le bois qui crépite… et laisse‑toi conter la légende.

On raconte qu’une nuit où la lune hésitait encore à se lever, huit silhouettes chargées comme des mules s’approchèrent de la gueule béante de la montagne.
Ils n’étaient ni rois, ni guerriers… mais grottologues, ce qui revient à peu près au même, sauf qu’ils râlent davantage.

À leur tête marchait JP, guide ancien, détenteur du savoir des profondeurs, et porteur du regard de celui qui sait exactement où il va — ou qui fait très bien semblant.

Le Rite du Sac Pesant

Avant même d’entrer sous terre, les Huit durent accomplir le premier rite :
porter le sac.
Un sac béni par les anciens, pesant le poids de mille conserves, contenant vivres, abris… et surtout du gras, car les anciens savaient :

"Sans gras, point de salut."

La progression fut lente. Chaque pas résonnait comme une épreuve. Mais nul ne rebroussa chemin, car la promesse du porche était grande.

Le Banquet Néandertalien

Sous l’arche de pierre, à l’entrée du royaume souterrain, les Huit allumèrent un feu et célébrèrent le Banquet Néandertalien.

Les victuailles, dit‑on, avaient été chassées le jour même lors d’une traque héroïque et sans merci dans l’Intermarché sacré.

On y mangea sans compter.
On y but sans mesurer.
On y rit si fort que même la roche, pourtant habituée au silence depuis des millénaires, en vibra légèrement.

Ce soir‑là, les Huit ne faisaient plus qu’un :
unis par la bière, le bon gras et des blagues qui ne peuvent être répétées ici.

La Descente Vers les Profondeurs

Repus, alourdis, mais déterminés, ils s’enfoncèrent alors dans la cavité.
Les frontales s’allumèrent telles des étoiles artificielles, repoussant les ombres anciennes.

La montagne les observa passer, jugeant s’ils en étaient dignes.
Et la montagne, magnanime, les laissa continuer.

Ils explorèrent, progressèrent, et donnèrent l’impression — surtout à eux‑mêmes — de parfaitement maîtriser la situation.

 

La Chambre grottesque

Lorsque la nuit fut bien avancée et que l’heure atteignit 01h30, ils regagnèrent la Chambre du Jour, sanctuaire minéral destiné au repos ultime.

À peine arrivés et lovés dans leur duvet, Morphée, dieu farceur mais efficace, surgit sans prévenir.
Il prit les Huit dans ses bras… certains plus violemment que d’autres… et les plongea dans un sommeil profond, peuplé de rêves confus mêlant sandwichs géants, galeries infinies et lampes frontales introuvables.

L’Aube des Frontales

À l’aube — une aube souterraine, sombre et cruelle — un léger mouvement agita la Chambre.
Les Huit s’éveillèrent lentement, visages blêmes, esprits encore coincés entre deux mondes.

Les frontales éclairèrent des regards vides, mais une pensée commune naquit aussitôt :

" Petit déjeuner ! "

Ils remontèrent vers le porche pour accomplir le dernier rituel : le Petit Déjeuner Roboratif, consommé avec gravité et respect, car chacun savait que sans lui, nul retour vers le parking n’était possible.

Le Retour des Survivants

Enfin, toujours lourdement chargés mais dans un style espiègle et élégant, les Huit redescendirent vers les voitures, retrouvant la pleine lumière du jour et les affaires terrestres.

C’est là, dit‑on, que fut gravée cette légende.
Non pas dans la pierre…
mais dans un compte‑rendu rédigé avec des doigts encore engourdis, preuve éternelle que les Huit du Porche Noir avaient accompli leur quête.

Épilogue

Ainsi s’achève l’histoire.
Mais les anciens le savent :
tant qu’il y aura des sacs trop lourds, du gras, des bières et des frontales…
la légende renaîtra.

Jean-Pierre

(gavé au chorizo en tube)

La Topo

 

Topo sabart

Bivouac

Commentaires

  • Ange-Marie
    • 1. Ange-Marie Le 15/04/2026
    Merci JP pour cette belle découverte.
    On ressent la passion et le plaisir du partage.
    Les ténèbres ne nous ont pas englouti. On a pu compter sur les chauve-souris pour nous indiquer les différentes entrées. Mais, même le petit Poucet aurait pu se perdre.
    La vie des Néandertals ne devait pas être simple.
    Très beau récit récapitulatif., poète en plus !
    Très beau moment qui restera un beau souvenir.